Mais suis-je seul héritier?
MOSCA.
Sans associé, seigneur, confirmé de ce matin.
La cire est chaude encore, et l'encre à peine séchée
Sur le parchemin.
VOLTORE.
Heureux, heureux homme que je suis!
Par quelle bonne chance; cher Mosca?
MOSCA.
Votre mérite, seigneur.
Je n'y connais pas d'autre cause.
Et il lui détaille l'affluence des biens où il va nager, l'or qui va ruisseler sur lui, l'opulence qui va couler dans sa maison comme un fleuve. «Quand voulez-vous que je vous apporte votre inventaire, seigneur? ou bien la copie du testament?» C'est avec ces paroles précises, avec ces détails sensibles qu'on allume les imaginations. Aussi, coup sur coup, les héritiers accourent comme des bêtes de proie. Le second est un vieil avare, Corbaccio, sourd, cassé, presque mourant, et qui pourtant espère survivre à Volpone. Pour en être plus sûr, il voudrait bien lui faire donner par Mosca un bon narcotique. Il l'a sur lui, cet excellent narcotique, il l'a fait préparer sous ses yeux, il le propose. Sa joie en trouvant Volpone plus malade que lui est d'un comique amer. «Comment va-t-il?»
MOSCA.
Sa bouche est toujours entr'ouverte, et ses paupières fermées.