—Quand un homme considérable et considéré, comme l'était, par exemple, défunt monsieur votre frère à Paris …

—Mon … on frère, oui.

—Est menacé d'une déconfiture …

—Caaaa s'aappelle dé, dé, déconfiture?

—Oui. Que sa faillite devient imminente, le tribunal de commerce, dont il est justiciable (suivez bien), a la faculté, par un jugement, de nommer, à sa maison de commerce, des liquidateurs. Liquider n'est pas faire faillite, comprenez-vous? En faisant faillite, un homme est déshonoré; mais en liquidant, il reste honnête homme.

—C'est bien di, di, di, différent, si çaââ ne coû, ou, ou, ou, oûte pas, pas, pas plus cher, dit Grandet.

—Mais une liquidation peut encore se faire, même sans le secours du tribunal de commerce. Car, dit le président en humant sa prise de tabac, comment se déclare une faillite?

—Oui, je n'y ai jamais pen, pen, pen, pensé, répondit Grandet.

—Premièrement, reprit le magistrat, par le dépôt du bilan au greffe du tribunal, que fait le négociant lui-même, ou son fondé de pouvoirs, dûment enregistré. Deuxièmement, à la requête des créanciers. Or, si le négociant ne dépose pas de bilan, si aucun créancier ne requiert du tribunal un jugement qui déclare le susdit négociant en faillite, qu'arriverait-il?

—Oui, i, i, voy, voy … ons.