—Oh! si tu le prends ainsi, dit le baron, je le veux bien, je verrai l'avocat.
—D'ailleurs un procès, mais c'est très-amusant. Il jette un intérêt dans la vie, l'on va, l'on vient, l'on se démène. N'aurez-vous pas mille démarches à faire pour arriver aux juges... Nous n'avons pas vu l'abbé de Grancey pendant plus de vingt jours, tant il était occupé!
—Mais il s'agissait de toute l'existence du Chapitre, dit monsieur de Watteville. Puis, l'amour-propre, la conscience de l'archevêque, tout ce qui fait vivre les prêtres y était engagé! Ce Savaron ne sait pas ce qu'il a fait pour le Chapitre! il l'a sauvé.
—Ecoutez-moi, lui dit-elle à l'oreille, si vous avez monsieur Savaron pour vous, vous aurez gagné, n'est-ce pas? Eh! bien, laissez-moi vous donner un conseil: vous ne pouvez avoir monsieur Savaron pour vous que par monsieur de Grancey. Si vous m'en croyez, parlons ensemble à ce cher abbé, sans que ma mère soit de la conférence, car je sais un moyen de le décider à nous amener l'avocat Savaron.
—Il sera bien difficile de n'en pas parler à ta mère!
—L'abbé de Grancey s'en chargera plus tard; mais décidez-vous à promettre votre voix à l'avocat Savaron aux prochaines élections, et vous verrez!
—Aller aux élections! prêter serment! s'écria le baron de Watteville.
—Bah! dit elle.
—Et que dira ta mère?
—Elle vous ordonnera peut-être d'y aller, répondit Philomène qui savait par la lettre d'Albert à Léopold les engagements du vicaire général.