—Et vous, Laure, qu'en pensez-vous?
La jeune fille regarda Ginevra, leurs pensées se confondirent. Laure ne retint plus ses larmes, se jeta au cou de son amie et l'embrassa. En ce moment, Servin arriva.
—Mademoiselle Ginevra, dit-il avec enthousiasme, j'ai fini mon tableau, on le vernit. Qu'avez-vous donc? Il paraît que toutes ces demoiselles prennent des vacances, ou sont à la campagne.
Laure sécha ses larmes, salua Servin, et se retira.
—L'atelier est désert depuis plusieurs jours, dit Ginevra, et ces demoiselles ne reviendront plus.
—Bah?...
—Oh! ne riez pas, reprit Ginevra, écoutez-moi: je suis la cause involontaire de la perte de votre réputation.
L'artiste se mit à sourire, et dit en interrompant son écolière:—Ma réputation?... mais, dans quelques jours, mon tableau sera exposé.
—Il ne s'agit pas de votre talent, dit l'Italienne; mais de votre moralité. Ces demoiselles ont publié que Louis était renfermé ici, que vous vous prêtiez... à... notre amour...