—Calyste a quelque chose, dit la baronne en s'essuyant les yeux.
—Il n'a rien, répondit mademoiselle de Pen-Hoël, il faut le marier promptement.
—Vous croyez que cela le divertira? dit le chevalier.
Charlotte regarda sévèrement monsieur du Halga, qu'elle trouva le soir de très mauvais ton, immoral, dépravé, sans religion, et ridicule avec sa chienne, malgré les observations de sa tante qui défendit le vieux marin.
—Demain matin, je chapitrerai Calyste, dit le baron que l'on croyait endormi; je ne voudrais pas m'en aller de ce monde sans avoir vu mon petit-fils, un Guénic blanc et rose, coiffé d'un béguin breton dans son berceau.
—Il ne dit pas un mot, dit la vieille Zéphirine, on ne sait ce qu'il a; jamais il n'a moins mangé; de quoi vit-il? s'il se nourrit aux Touches, la cuisine du diable ne lui profite guère.
—Il est amoureux, dit le chevalier en risquant cette opinion avec une excessive timidité.
—Allons! vieux roquentin, vous n'avez pas mis au panier, dit mademoiselle de Pen-Hoël. Quand vous pensez à votre jeune temps, vous oubliez tout.
—Venez déjeuner avec nous demain matin, dit la vieille Zéphirine à Charlotte et à Jacqueline, mon frère raisonnera son fils, et nous conviendrons de tout. Un clou chasse l'autre.
—Pas chez les Bretons, dit le chevalier.