—Butscha, je n'ai jamais vu d'homme si beau!

—La beauté, mademoiselle, est un voile qui sert souvent à cacher bien des imperfections...

—C'est le cœur le plus angélique du ciel...

—Fasse Dieu que vous ayez raison, dit le nain en joignant les mains, et soyez heureuse! Cet homme aura comme vous, un serviteur dans Jean Butscha. Je ne serai plus notaire alors, je vais me jeter dans l'étude, dans les sciences...

—Et pourquoi?

—Eh! mademoiselle, pour élever vos enfants, si vous daignez me permettre d'être leur précepteur... Ah! si vous vouliez agréer un conseil? Tenez, laissez-moi faire: je saurai pénétrer la vie et les mœurs de cet homme, découvrir s'il est bon, s'il est colère, s'il est doux, s'il aura ce respect que vous méritez, s'il est capable d'aimer absolument, en vous préférant à tout, même à son talent...

—Qu'est-ce que cela fait, si je l'aime? dit-elle naïvement.

—Eh! c'est vrai, s'écria le bossu.

En ce moment madame Mignon disait à ses amis:—Ma fille a vu ce matin celui qu'elle aime!

—Ce serait donc ce gilet soufre qui t'a tant intrigué, Latournelle, s'écria la notaresse. Ce jeune homme avait une jolie petite rose blanche à sa boutonnière...