—Maxime a raison, dit madame Schontz en regardant Arthur qui rougit excessivement. Si je vous ai gagné quelques mille francs de rentes, vous ne sauriez mieux les employer. J'aurai fait le bonheur de la femme et du mari, en voilà un chevron!...

—Je n'y avais jamais pensé, répondit le marquis; mais on doit être gentilhomme avant d'être mari.

—Laisse-moi te dire quand il sera temps d'être généreux, dit Maxime.

—Arthur! dit Aurélie, Maxime a raison. Vois-tu, mon bon homme, nos actions généreuses sont comme les actions de Couture, dit-elle en regardant à la glace pour voir quelle personne arrivait, il faut les placer à temps.

Couture était suivi de Finot. Quelques instants après, tous les convives furent réunis dans le beau salon bleu et or de l'hôtel Schontz; tel était le nom que les artistes donnaient à leur auberge depuis que Rochefide l'avait achetée à sa Ninon II. En voyant entrer La Palférine qui vint le dernier, Maxime alla vers lui, l'attira dans l'embrasure d'une croisée et lui remit les vingt billets de banque.

—Surtout, mon petit, ne les ménage pas, dit-il avec la grâce particulière aux mauvais sujets.

—Il n'y a que vous pour savoir ainsi les doubler!... répondit La Palférine.

—Es-tu décidé?

—Puisque je prends, répondit le jeune comte avec hauteur et raillerie.

—Eh bien, Nathan, que voici, te présentera dans deux jours chez madame la marquise de Rochefide, lui dit-il à l'oreille.