—Ce n'est pas un homme de Saumur qui frappe ainsi, dit le notaire.
—Peut-on cogner comme ça, dit Nanon. Veulent-ils casser notre porte?
—Quel diable est-ce? s'écria Grandet.
Nanon prit une des deux chandelles, et alla ouvrir accompagnée de Grandet.
—Grandet, Grandet, s'écria sa femme qui, poussée par un vague sentiment de peur, s'élança vers la porte de la salle.
Tous les joueurs se regardèrent.
—Si nous y allions, dit monsieur des Grassins. Ce coup de marteau me paraît malveillant.
A peine fut-il permis à monsieur des Grassins d'apercevoir la figure d'un jeune homme accompagné du facteur des messageries, qui portait deux malles énormes et traînait des sacs de nuit. Grandet se retourna brusquement vers sa femme, et lui dit:—Madame Grandet, allez à votre loto. Laissez-moi m'entendre avec monsieur. Puis il tira vivement la porte de la salle, où les joueurs agités reprirent leurs places, mais sans continuer le jeu.
—Est-ce quelqu'un de Saumur, monsieur des Grassins? lui dit sa femme.
—Non, c'est un voyageur.