—Grandet, ta colère me fera mourir, dit la pauvre femme.

—Ta, ta, ta, ta, vous autres, vous ne mourez jamais dans votre famille!—Eugénie, qu'avez-vous fait de vos pièces? cria-t-il en fondant sur elle.

—Monsieur, dit la fille aux genoux de madame Grandet, ma mère souffre beaucoup. Voyez, ne la tuez pas.

Grandet fut épouvanté de la pâleur répandue sur le teint de sa femme, naguère si jaune.

—Nanon, venez m'aider à me coucher, dit la mère d'une voix faible. Je meurs.

Aussitôt Nanon donna le bras à sa maîtresse, autant en fit Eugénie, et ce ne fut pas sans des peines infinies qu'elles purent la monter chez elle, car elle tombait en défaillance de marche en marche. Grandet resta seul. Néanmoins, quelques moments après, il monta sept ou huit marches, et cria:—Eugénie, quand votre mère sera couchée, vous descendrez.

—Oui, mon père.

Elle ne tarda pas à venir, après avoir rassuré sa mère.

—Ma fille, lui dit Grandet, vous allez me dire où est votre trésor.

—Mon père si vous me faites des présents dont je ne sois pas entièrement maîtresse, reprenez-les, répondit froidement Eugénie en cherchant le napoléon sur la cheminée et le lui présentant.