—Je décampe, dit-il. Ma maison n'est pas tenable, la mère et la fille raisonnent et parlent comme si.... Brooouh! Pouah! Vous m'avez donné de cruelles étrennes, Eugénie, cria-t-il. Oui, oui, pleurez! Ce que vous faites vous causera des remords, entendez-vous. A quoi donc vous sert de manger le bon Dieu six fois tous les trois mois, si vous donnez l'or de votre père en cachette à un fainéant qui vous dévorera votre cœur quand vous n'aurez plus que ça à lui prêter? Vous verrez ce que vaut votre Charles avec ses bottes de maroquin et son air de n'y pas toucher. Il n'a ni cœur ni âme puisqu'il ose emporter le trésor d'une pauvre fille sans l'agrément des parents.
Quand la porte de la rue fut fermée, Eugénie sortit de sa chambre et vint près de sa mère.
—Vous avez eu bien du courage pour votre fille, lui dit-elle.
—Vois-tu, mon enfant, où nous mènent les choses illicites?... tu m'as fait faire un mensonge.
—Oh! je demanderai à Dieu de m'en punir seule.
—C'est-y vrai, dit Nanon effarée en arrivant, que voilà mademoiselle au pain et à l'eau pour le reste des jours?
—Qu'est-ce que cela fait, Nanon? dit tranquillement Eugénie.
—Ah! pus souvent que je mangerai de la frippe quand la fille de la maison mange du pain sec. Non, non.
—Pas un mot de tout ça, Nanon, dit Eugénie.
—J'aurai la goule morte, mais vous verrez.