Sylvie jeta sur mademoiselle Habert un de ces regards de vieille fille à vieille fille, atroce et doucereux.

—Pierrette, vous avez vu mon jeu, dit Sylvie en fixant ses yeux sur sa cousine.

—Non, ma cousine.

—Je vous regardais tous, dit le juge archéologue, je puis certifier que la petite n'a vu que le colonel.

—Bah! les petites filles, dit Gouraud épouvanté, savent joliment couler leurs yeux en douceur.

—Ah! fit Sylvie.

—Oui, reprit Gouraud, elle a pu voir dans votre jeu pour vous jouer une malice. N'est-ce pas, ma petite belle?

—Non, dit la loyale Bretonne, j'en suis incapable, et je me serais dans ce cas intéressée au jeu de ma cousine.

—Vous savez bien que vous êtes une menteuse, et de plus une petite sotte, dit Sylvie. Comment peut-on, depuis ce qui s'est passé ce matin, ajouter la moindre foi à vos paroles? Vous êtes une.....

Pierrette ne laissa pas sa cousine achever en sa présence ce qu'elle allait dire. En devinant un torrent d'injures, elle se leva, sortit sans lumière et monta chez elle. Sylvie devint pâle de rage et dit entre ses dents:—Elle me le payera.