—Ils étaient venus chercher de la laine, mais ils s'en retournent tondus; car le neveu n'est pas au goût de l'oncle.
—Et, s'il vous plaît, ils avaient pour conseil un avoué de Paris...
—Ah! ils avaient formé un plan?
—Mais, oui, le plan de se rendre maîtres du père Rouget; mais les Parisiens ne se sont pas trouvés de force, et l'avoué ne se moquera pas des Berrichons...
—Savez-vous que c'est abominable?
—Voilà les gens de Paris!...
—La Rabouilleuse s'est vue attaquée, elle s'est défendue.
—Et elle a joliment bien fait...
Pour toute la ville, les Bridau étaient des Parisiens, des étrangers: on leur préférait Max et Flore.
On peut imaginer la satisfaction avec laquelle Agathe et Joseph rentrèrent dans leur petit logement de la rue Mazarine, après cette campagne. L'artiste avait repris en voyage sa gaieté troublée par la scène de son arrestation et par vingt heures de mise au secret; mais il ne put distraire sa mère. Agathe se remit d'autant moins facilement de ses émotions, que la Cour des Pairs allait commencer le procès de la conspiration militaire. La conduite de Philippe, malgré l'habileté de son défenseur conseillé par Desroches, excitait des soupçons peu favorables à son caractère. Aussi, dès qu'il eut mis Desroches au fait de tout ce qui se passait à Issoudun, Joseph emmena-t-il promptement Mistigris au château du comte de Sérizy pour ne point entendre parler de ce procès qui dura vingt jours.