—Et je réussirai, monsieur. Avant tout, indiquez-moi les militaires de l'ancienne armée revenus ici, qui ne sont point du parti de ce Maxence Gilet, et avec lesquels je puisse me lier.

—Il y a d'abord un capitaine d'artillerie de la Garde, monsieur Mignonnet, un homme sorti de l'École Polytechnique, âgé de quarante ans, et qui vit modestement; il est plein d'honneur et s'est prononcé contre Max dont la conduite lui semble indigne d'un vrai militaire.

—Bon! fit le lieutenant-colonel.

—Il n'y a pas beaucoup de militaires de cette trempe, reprit monsieur Hochon, car je ne vois plus ici qu'un ancien capitaine de cavalerie.

—C'est mon arme, dit Philippe. Était-il dans la Garde?

—Oui, reprit monsieur Hochon. Carpentier était en 1810 maréchal-des-logis-chef dans les Dragons; il en est sorti pour entrer sous-lieutenant dans la Ligne, et il y est devenu capitaine.

—Giroudeau le connaîtra peut-être, se dit Philippe.

—Ce monsieur Carpentier a pris la place dont n'a pas voulu Maxence, à la Mairie, et il est l'ami du commandant Mignonnet.

—Que puis-je faire ici pour gagner ma vie?...

—On va, je crois, établir une sous-direction pour l'Assurance Mutuelle du Département du Cher, et vous pourriez y trouver une place; mais ce sera tout au plus cinquante francs par mois...