—Mais, habituellement, il ne sort pas sans moi, n'est-ce pas, monsieur?
—Oui, Philippe, oui, j'ai toujours bien besoin d'elle...
—Il vaudrait mieux aller en voiture, dit Flore.
—Oui, allons en voiture, s'écria le vieillard dans son désir de mettre ses deux tyrans d'accord.
—Mon oncle, vous viendrez à pied et avec moi, ou je ne reviens plus; car alors la ville d'Issoudun aurait raison: vous seriez sous la domination de mademoiselle Flore Brazier. Que mon oncle vous aime, très-bien! reprit-il en arrêtant sur Flore un regard de plomb. Que vous n'aimiez pas mon oncle, c'est encore dans l'ordre. Mais que vous rendiez le bonhomme malheureux?.... halte là! Quand on veut une succession, il faut la gagner. Venez-vous, mon oncle?...
Philippe vit alors une hésitation cruelle se peignant sur la figure de ce pauvre imbécile dont les yeux allaient de Flore à son neveu.
—Ah! c'est comme cela, reprit le lieutenant-colonel. Eh! bien adieu, mon oncle. Quant à vous, mademoiselle, je vous baise les mains.
Il se retourna vivement quand il fut à la porte, et surprit encore une fois un geste de menace de Flore à son oncle.
—Mon oncle, dit-il, si vous voulez venir vous promener avec moi, je vous trouverai à votre porte: je vais faire à monsieur Hochon une visite de dix minutes... Si nous ne nous promenons pas, je me charge d'envoyer promener bien du monde...
Et Philippe traversa la place Saint-Jean pour aller chez les Hochon.