—Ça se masse, dit Kouski à son voisin.
—La police à Paris ne vous laissait pas faire des banquets comme celui-ci, dit le commandant Potel à Philippe.
—Pourquoi, diable! vas-tu parler de police au colonel Bridau? dit insolemment Maxence Gilet.
—Le commandant Potel n'y entendait pas malice, lui!... dit Philippe en souriant avec amertume.
Le silence devint si profond, qu'on aurait entendu voler des mouches s'il y en avait eu.
—La police me redoute assez, reprit Philippe, pour m'avoir envoyé à Issoudun, pays où j'ai eu le plaisir de retrouver de vieux lapins; mais, avouons-le? il n'y a pas ici de grands divertissements. Pour un homme qui ne haïssait pas la bagatelle, je suis assez privé. Enfin, je ferai des économies pour ces demoiselles, car je ne suis pas de ceux à qui les lits de plume donnent des rentes, et Mariette du grand Opéra m'a coûté des sommes folles.
—Est-ce pour moi que vous dites cela, mon cher colonel? demanda Max en dirigeant sur Philippe un regard qui fut comme un courant électrique.
—Prenez-le comme vous le voudrez, commandant Gilet, répondit Philippe.
—Colonel, mes deux amis que voici, Renard et Potel, iront s'entendre demain, avec...
—Avec Mignonnet et Carpentier, répondit Philippe en coupant la parole à Gilet et montrant ses deux voisins.