—Tu peux trouver mieux, lui disait Maxime.

—Quelle fortune faudrait-il pour épouser une demoiselle de Grandlieu? demanda Philippe à de Marsay.

—A vous?... on ne donnerait pas la plus laide des six à moins de dix millions, répondit insolemment de Marsay.

—Bah! dit Rastignac, avec deux cent mille livres de rente, vous auriez mademoiselle de Langeais, la fille du marquis; elle est laide, elle a trente ans, et pas un sou de dot: ça doit vous aller.

—J'aurai dix millions dans deux ans d'ici, répondit Philippe Bridau.

—Nous sommes au 16 janvier 1829! s'écria du Tillet en souriant. Je travaille depuis dix ans, et je ne les ai pas, moi!...

—Nous nous conseillerons l'un l'autre, et vous verrez comment j'entends les finances, répondit Bridau.

—Que possédez-vous en tout? demanda Nucingen.

—En vendant mes rentes, en exceptant ma terre et mon hôtel que je ne puis et ne veux pas risquer, car ils sont compris dans mon majorat, je ferai bien une masse de trois millions...

Nucingen et du Tillet se regardèrent; puis, après ce fin regard, du Tillet dit à Philippe:—Mon cher comte, nous travaillerons ensemble si vous voulez.