—Mais le chapitre est fini, répondit Lousteau. La circonstance de la vignette change totalement mes opinions sur l'auteur. Pour avoir obtenu, sous l'Empire, des vignettes gravées sur bois, l'auteur devait être un Conseiller d'État ou madame Barthélemy-Hadot, feu Desforges ou Sewrin.
—Adolphe garda le silence!... Ah! dit Bianchon, la duchesse a moins de trente ans.
—S'il n'y a plus rien, inventez une fin! dit madame de La Baudraye.
—Mais, dit Lousteau, la maculature n'a été tirée que d'un seul côté. En style typographique, le côté de seconde, ou, pour vous mieux faire comprendre, tenez, le revers qui aurait dû être imprimé, se trouve avoir reçu un nombre incommensurable d'empreintes diverses, elle appartient à la classe des feuilles dites de mise en train. Comme il serait horriblement long de vous apprendre en quoi consistent les dérèglements d'une feuille de mise en train, sachez qu'elle ne peut pas plus garder trace des douze premières pages que les pressiers y ont imprimées, que vous ne pourriez garder un souvenir quelconque du premier coup de bâton qu'on vous eût donné, si quelque pacha vous eût condamnée à en recevoir cent cinquante sur la plante des pieds.
—Je suis comme une folle, dit madame Popinot-Chandier à monsieur Gravier; je tâche de m'expliquer le Conseiller d'État, le Cardinal, la clef et cette maculat...
—Vous n'avez pas la clef de cette plaisanterie, dit monsieur Gravier; eh! bien, ni moi non plus, belle dame, rassurez-vous.
—Mais il y a une autre feuille, dit Bianchon qui regarda sur la table où se trouvaient les épreuves.
—Bon, dit Lousteau, elle est saine et entière! Elle est signée IV; J, 2e édition. Mesdames, le IV indique le quatrième volume. Le J, dixième lettre de l'alphabet, la dixième feuille. Il me paraît dès lors prouvé que, sauf les ruses du libraire, les Vengeances romaines ont eu du succès, puisqu'elles auraient eu deux éditions. Lisons et déchiffrons cette énigme?
OU LES VENGEANCES ROMAINES. 217
corridor; mais, se sentant poursuivi par les gens de la duchesse, Rinaldo