—Je te vois, mon ami, car mes yeux se sont accoutumés à l'obscurité. Écoute, marche droit... bien... tourne à gauche... viens... ici... Nous voilà réunis.

Rinaldo, mettant ses mains en avant par prudence, rencontra des barres de fer.

—On me trompe! cria le bandit.

—Non, tu as touché ma cage...

OU LES VENGEANCES ROMAINES. 221

Assieds-toi sur un fût de porphyre qui est là.

—Comment le duc de Bracciano peut-il être dans une cage? demanda le bandit.

—Mon ami, j'y suis, depuis trente mois, debout, sans avoir pu m'asseoir... Mais qui es-tu, toi?

—Je suis Rinaldo, le prince de la campagne, le chef de quatre-vingts braves que les lois nomment à tort des scélérats, que toutes les dames admirent et que les juges pendent par une vieille habitude.

—Dieu soit loué!... Je suis sauvé... Un honnête homme aurait eu peur; tandis que je suis sûr de pouvoir très-bien