—De quoi s'agit-t-il? dit Lousteau, que voulez-vous faire à votre château?
—Voici ce que je veux, répondit le petit vieillard en emmenant le journaliste, sa femme et l'artiste de province sur la terrasse.
Il montra sur la façade, au-dessus de la porte d'entrée, un précieux cartouche soutenu par deux sirènes, assez semblable à celui qui décore l'arcade actuellement condamnée par où l'on allait jadis du quai des Tuileries dans la cour du vieux Louvre, et au-dessus de laquelle on lit: Bibliothèque du cabinet du Roi. Ce cartouche offrait le vieil écusson des d'Uxelles qui portent d'or et de gueules, à la fasce de l'un à l'autre, avec deux lions de gueules à dextre et d'or à senestre pour supports; l'écu timbré du casque de chevalier, lambrequiné des émaux de l'écu et sommé de la couronne ducale. Puis pour devise: Cy paroist! parole fière et sonnante.
—Je veux remplacer les armes de la maison d'Uxelles par les miennes; et comme elles se trouvent répétées six fois dans les deux façades et dans les deux ailes, ce n'est pas une petite affaire.
—Vos armes d'hier! s'écria Dinah, et après 1830!...
—N'ai-je pas constitué un majorat?
—Je concevrais cela si vous aviez des enfants, lui dit le journaliste.
—Oh! répondit le petit vieillard, madame de La Baudraye est encore jeune, il n'y a pas encore de temps perdu.
Cette fatuité fit sourire Lousteau qui ne comprit pas monsieur de La Baudraye.
—Hé! bien, Didine, dit-il à l'oreille de madame de La Baudraye, à quoi bon tes remords?