—Je perds une fortune, une femme, et...
—Une maîtresse, dit madame Schontz en souriant, car te voilà plus que marié, tu seras embêtant, tu voudras rentrer chez toi, tu n'auras plus rien de décousu, ni dans tes habits, ni dans tes allures... Laisse-la-moi voir par le trou de la porte?... demanda la lorette. Il n'y a pas, s'écria-t-elle, de plus bel animal dans le désert! tu es volé! C'est digne, c'est sec, c'est pleurard, il lui manque le turban de lady Dudley.
Et la lorette se sauva.
—Qu'y a-t-il encore?... demanda madame de La Baudraye à l'oreille de laquelle avaient retenti le froufrou de la robe de soie et les murmures d'une voix de femme.
—Il y a, mon ange, s'écria Lousteau, que nous sommes indissolublement unis... On vient de m'apporter une réponse verbale à la lettre que tu m'as vu écrire et par laquelle je rompais mon mariage...
—C'est là cette partie dont tu te dégageais?
—Oui!
—Oh! je serai plus que ta femme, je te donne ma vie, je veux être ton esclave!... dit la pauvre créature abusée. Je ne croyais pas qu'il me fût possible de t'aimer davantage!... Je ne serai donc pas un accident dans ta vie, je serai toute ta vie?
—Oui, ma belle, ma noble Didine...
—Jure-moi, reprit-elle, que nous ne pourrons être séparés que par la mort!...