Saisie par cette nouvelle, Flore laissa Max et alla lui préparer son café; mais, un quart d'heure après, Baruch entra précipitamment, et dit au Grand-Maître:—Fario cherche sa brouette!...
En cinq minutes, Max fut habillé, descendit, et, tout en ayant l'air de flâner, il gagna le bas de la Tour, où il vit un rassemblement assez considérable.
—Qu'est ce? fit Max en perçant la foule et pénétrant jusqu'à l'Espagnol.
Fario, petit homme sec, était d'une laideur comparable à celle d'un grand d'Espagne. Des yeux de feu comme percés avec une vrille et très-rapprochés du nez l'eussent fait passer à Naples pour un jeteur de sorts. Ce petit homme paraissait doux parce qu'il était grave, calme, lent dans ses mouvements. Aussi le nommait-on le bonhomme Fario. Mais son teint couleur de pain d'épice et sa douceur déguisaient aux ignorants et annonçaient à l'observateur le caractère à demi mauritain d'un paysan de Grenade que rien n'avait encore fait sortir de son flegme et de sa paresse.
—Êtes-vous sûr, lui dit Max après avoir écouté les doléances du marchand de grains, d'avoir amené votre voiture? car il n'y a, Dieu merci, pas de voleurs à Issoudun...
—Elle était là...
—Si le cheval est resté attelé, ne peut-il pas avoir emmené la voiture?
—Le voilà, mon cheval, dit Fario en montrant sa bête harnachée à trente pas de là.
Max alla gravement à l'endroit où se trouvait le cheval, afin de pouvoir, en levant les yeux, voir le pied de la Tour, car le rassemblement était au bas. Tout le monde suivit Max, et c'est ce que le drôle voulait.
—Quelqu'un a-t-il mis par distraction une voiture dans ses poches? cria François.