Vous êtes marié?
M. DE TROISVILLE.
Depuis seize ans, avec la fille de la princesse Sherbellof.
Mademoiselle Cormon tomba foudroyée: du Bousquier la vit chanceler, il s'élança, la reçut dans ses bras, on ouvrit la porte. Le fougueux républicain, conseillé par Josette, trouva des forces pour emporter la vieille fille dans sa chambre où il la déposa sur le lit. Josette, armée de ciseaux, coupa le corset serré outre mesure. Du Bousquier jeta brutalement des gouttes d'eau sur le visage de mademoiselle de Cormon et sur le corsage qui s'étala comme une inondation de la Loire. La malade ouvrit les yeux, vit du Bousquier, et la pudeur lui fit jeter un cri en reconnaissant cet homme. Du Bousquier se retira, laissant entrer six femmes à la tête desquelles était madame Granson rayonnante de joie.
Qu'avait fait le chevalier de Valois? Fidèle à son système, il avait couvert la retraite.
—Cette pauvre mademoiselle Cormon, dit-il à monsieur de Troisville en regardant l'assemblée dont le rire fut réprimé par ses coups d'œil aristocratiques, le sang la tourmente horriblement, elle n'a pas voulu se faire saigner avant d'aller au Prébaudet (sa terre), et voilà l'effet des mouvements du sang au printemps.
—Elle est venue par la pluie ce matin, dit l'abbé de Sponde, elle a pu prendre un peu de froid qui aura causé cette petite révolution à laquelle elle est sujette. Mais ce ne sera rien.
—Elle me disait avant-hier qu'elle ne l'avait pas eue depuis trois mois, en ajoutant que ça lui jouerait un mauvais tour, reprit le chevalier.
—Ah! tu es marié? dit Jacquelin en regardant monsieur de Troisville qui buvait son café à petits coups.
Le fidèle domestique épousa le désappointement de sa maîtresse, il la devina, il remporta les liqueurs de madame Amphoux offertes au célibataire et non au mari d'une Russe. Tous ces petits détails furent remarqués et prêtèrent à rire.