LA MARGUERITE.

Je suis la marguerite, et j'étais la plus belle

Des fleurs dont s'étoilait le gazon velouté.

Heureuse, on me cherchait pour ma seule beauté,

Et mes jours se flattaient d'une aurore éternelle.

Hélas! malgré mes vœux, une vertu nouvelle

A versé sur mon front sa fatale clarté;

Le sort m'a condamnée au don de vérité,

Et je souffre et je meurs: la science est mortelle.

Je n'ai plus de silence et n'ai plus de repos;