—Monsieur a beaucoup d'esprit, dit sérieusement Blondet en regardant Lucien. Il est du souper, Lousteau?
—Oui.
—Nous rirons bien.
Lucien avait rougi jusqu'aux oreilles.
—En as-tu pour long-temps, Dauriat? dit Blondet en frappant à la vitre qui donnait au-dessus du bureau de Dauriat.
—Mon ami, je suis à toi.
—Bon, dit Lousteau à son protégé. Ce jeune homme, presque aussi jeune que vous, est aux Débats. Il est un des princes de la critique: il est redouté, Dauriat viendra le cajoler, et nous pourrons alors dire notre affaire au Pacha des vignettes et de l'imprimerie. Autrement, à onze heures notre tour ne serait pas venu. L'audience se grossira de moment en moment.
Lucien et Lousteau s'approchèrent alors de Blondet, de Finot, de Vernou, et allèrent former un groupe à l'extrémité de la boutique.
—Que fait-il? dit Blondet à Gabusson, le premier commis qui se leva pour venir le saluer.
—Il achète un journal hebdomadaire qu'il veut restaurer afin de l'opposer à l'influence de la Minerve qui sert trop exclusivement Eymery, et au Conservateur qui est trop aveuglément romantique.