—Étienne, dit Félicien en s'adressant à Lousteau, Finot est venu avec moi, il te cherche. Et.... le voilà.
—Ah! çà, il n'y a donc pas une place? dit Finot.
—Vous en avez toujours une dans nos cœurs, lui dit l'actrice qui lui adressa le plus agréable sourire.
—Tiens, ma petite Florville, te voilà déjà guérie de ton amour. On te disait enlevée par un prince russe.
—Est-ce qu'on enlève les femmes aujourd'hui? dit la Florville qui était l'actrice d'Arrête, malheureux. Nous sommes restés dix jours à Saint-Mandé, mon prince en a été quitte pour une indemnité payée à l'Administration. Le directeur, reprit Florville en riant, va prier Dieu qu'il vienne beaucoup de princes russes, leurs indemnités lui feraient des recettes sans frais.
—Et toi, ma petite, dit Finot à une jolie paysanne qui les écoutait, où donc as-tu volé les boutons de diamants que tu as aux oreilles? As-tu fait un prince indien?
—Non, mais un marchand de cirage, un Anglais qui est déjà parti! N'a pas qui veut, comme Florine et Coralie, des négociants millionnaires ennuyés de leur ménage: sont-elles heureuses?
—Tu vas manquer ton entrée, Florville, s'écria Lousteau, le cirage de ton amie te monte à la tête.
—Si tu veux avoir du succès, lui dit Nathan, au lieu de crier comme une furie: Il est sauvé! entre tout uniment, arrive jusqu'à la rampe et dis d'une voix de poitrine: Il est sauvé, comme la Pasta dit: O! patria dans Tancrède. Va donc! ajouta-t-il en la poussant.
—Il n'est plus temps, elle rate son effet! dit Vernou.