—Il a de l'esprit, ce gars-là, dit Blondet.
—Son article est bien, dit Claude Vignon.
—A table! cria Matifat.
Le duc donna le bras à Florine, Coralie prit celui de Lucien, et la danseuse eut d'un côté Blondet, de l'autre le ministre allemand.
—Je ne comprends pas pourquoi vous attaquez madame de Bargeton et le baron Châtelet, qui est, dit-on, nommé préfet de la Charente et maître des requêtes.
—Madame de Bargeton a mis Lucien à la porte comme un drôle, dit Lousteau.
—Un si beau jeune homme! fit le ministre.
Le souper, servi dans une argenterie neuve, dans une porcelaine de Sèvres, sur du linge damassé, respirait une magnificence cossue. Chevet avait fait le souper, les vins avaient été choisis par le plus fameux négociant du quai Saint-Bernard, ami de Camusot, de Matifat et de Cardot. Lucien, qui vit pour la première fois le luxe parisien fonctionnant, marchait ainsi de surprise en surprise, et cachait son étonnement en homme d'esprit, de cœur et de style qu'il était, selon le mot de Blondet.
En traversant le salon, Coralie avait dit à l'oreille de Florine:—Fais-moi si bien griser Camusot qu'il soit obligé de rester endormi chez toi.
—Tu as donc fait ton journaliste? répondit Florine.