—Et nos sonnets! dit Michel Chrestien, ne nous vaudraient-ils pas le triomphe de Pétrarque?
—L'or (Laure) y est déjà pour quelque chose, dit Dauriat dont le calembour excita des acclamations générales.
—Faciamus experimentum in anima vili, répondit Lucien en souriant.
—Eh! malheur à ceux que le Journal ne discutera pas, et auxquels il jettera des couronnes à leur début! Ceux-là seront relégués comme des saints dans leur niche, et personne n'y fera plus la moindre attention, dit Vernou.
—On leur dira comme Champcenetz au marquis de Genlis, qui regardait trop amoureusement sa femme:—Passez, bonhomme, on vous a déjà donné, dit Blondet.
—En France, le succès tue, dit Finot. Nous y sommes trop jaloux les uns des autres pour ne pas vouloir oublier et faire oublier les triomphes d'autrui.
—C'est en effet la contradiction qui donne la vie en littérature, dit Claude Vignon.
—Comme dans la nature, où elle résulte de deux principes qui se combattent, s'écria Fulgence. Le triomphe de l'un sur l'autre est la mort.
—Comme en politique, ajouta Michel Chrestien.
—Nous venons de le prouver, dit Lousteau. Dauriat vendra cette semaine deux mille exemplaires du livre de Nathan. Pourquoi? Le livre attaqué sera bien défendu.