Quand on se mit à table, l'orchestre militaire commença par des variations sur l'air de Vive le Roi, vive la France! qui n'a pu devenir populaire. Il était cinq heures du soir. A huit heures un dessert de soixante-cinq plats, remarquable par un Olympe en sucreries surmonté de la France en chocolat, donna le signal des toasts.
—Messieurs, dit le préfet en se levant, au Roi!... à la Légitimité! N'est-ce pas à la paix que les Bourbons nous ont ramenée que nous devons la génération de poètes et de penseurs qui maintient dans les mains de la France le sceptre de la littérature!...
—Vive le Roi! crièrent les convives, parmi lesquels les ministériels étaient en force.
Le vénérable proviseur se leva.
—Au jeune poète, dit-il, au héros du jour, qui a su allier à la grâce et à la poésie de Pétrarque, dans un genre que Boileau déclarait si difficile, le talent du prosateur!
—Bravo! bravo!
Le colonel se leva.
—Messieurs, au Royaliste! car le héros de cette fête a eu le courage de défendre les bons principes!
—Bravo! dit le préfet, qui donna le ton aux applaudissements.
Petit-Claud se leva.