—Digne! Vous avez dit le mot, monsieur.
—Quel temps me donnez-vous pour opérer ce changement de décor?
—Vingt jours.
—Quelle somme voulez-vous jeter à la tête des ouvriers? dit Grindot.
—Mais à quelle somme pourront monter ces réparations?
—Un architecte chiffre une construction neuve à un centime près, répondit le jeune homme; mais comme je ne sais pas ce que c’est que d’enfiler un bourgeois...... pardon! monsieur, le mot m’est échappé; je dois vous prévenir qu’il est impossible de chiffrer des réparations et des rhabillages. A peine en huit jours arriverais-je à faire un devis approximatif. Accordez-moi votre confiance: vous aurez un charmant escalier éclairé par le haut, orné d’un joli vestibule sur la rue, et sous le socle...
—Toujours ce socle...
—Ne vous en inquiétez pas, je trouverai la place d’une petite loge de portier. Vos appartements seront étudiés, restaurés avec amour. Oui, monsieur, je vois l’art et non la fortune! Avant tout, ne dois-je pas faire parler de moi pour arriver? Selon moi, le meilleur moyen est de ne pas tripoter avec les fournisseurs, de réaliser de beaux effets à bon marché.
—Avec de pareilles idées, jeune homme, dit Birotteau d’un ton protecteur, vous réussirez.
—Ainsi, reprit Grindot, traitez directement avec vos maçons, peintres, serruriers, charpentiers, menuisiers. Moi je me charge de régler leurs mémoires. Accordez-moi seulement deux mille francs d’honoraires, ce sera de l’argent bien placé. Laissez-moi maître des lieux demain à midi et indiquez-moi vos ouvriers.