—Monsieur, dit Popinot, un prospectus est souvent toute une fortune.

—Et souvent, dit Andoche, la fortune n’est qu’un prospectus.

—Ah! très-joli, dit Gaudissart. Ce farceur d’Andoche a de l’esprit comme les quarante.

—Comme cent, dit Popinot stupéfait de cette idée.

L’impatient Gaudissart prit le manuscrit et lut à haute voix et avec emphase: Huile Céphalique!

—J’aimerais mieux Huile Césarienne, dit Popinot.

—Mon ami, dit Gaudissart, tu ne connais pas les gens de province: il y a une opération chirurgicale qui porte ce nom-là, et ils sont si bêtes qu’ils croiraient ton huile propre à faciliter les accouchements; et de là pour les ramener aux cheveux, il y aurait trop de tirage.

—Sans vouloir défendre mon mot, dit l’auteur, je vous ferai observer que Huile Céphalique veut dire huile pour la tête, et résume vos idées.

—Voyons? dit Popinot impatient.

Voici le prospectus tel que le commerce le reçoit par milliers encore aujourd’hui. (Autre pièce justificative.)