LETTRE DE CÉSAR A FRANÇOIS BIROTTEAU.
Mon cher frère,
Je me trouve dans une crise commerciale si difficile, que je te supplie de m’envoyer tout l’argent dont tu pourras disposer, fallût-il même en emprunter.
Tout à toi,
César.
Ta nièce Césarine, qui me voit écrire cette lettre pendant que ma pauvre femme dort, se recommande à toi et t’envoie ses tendresses.
Ce post-scriptum fut ajouté à la prière de Césarine qui porta la lettre à Raguet.
—Mon père, dit-elle en remontant, voici monsieur Lebas qui veut vous parler.
—Monsieur Lebas, s’écria César effrayé comme si son désastre le rendait criminel, un juge!
—Mon cher monsieur Birotteau, je prends trop d’intérêt à vous, dit le gros marchand drapier en entrant, nous nous connaissons depuis trop long-temps, nous avons été élus tous deux juges la première fois ensemble, pour ne pas vous dire que Gigonnet, un usurier, a des effets de vous passés à son ordre, sans garantie, par la maison Claparon. Ces deux mots sont non-seulement un affront, mais encore la mort de votre crédit.