Les commis accoururent voir le grand homme de la parfumerie, l’adjoint décoré, l’associé de leur patron. Ces muets hommages flattèrent le parfumeur. Birotteau, naguère si petit chez les Keller, éprouva le besoin de les imiter; il se caressa le menton, sursauta vaniteusement à l’aide de ses talons, en disant ses banalités.

—Eh! bien, mon ami, se lève-t-on de bonne heure, lui demanda-t-il.

—Non, l’on ne se couche pas toujours, dit Popinot, il faut se cramponner au succès...

—Eh! bien, que disais-je? mon huile est une fortune.

—Oui, monsieur, mais les moyens d’exécution y sont pour quelque chose: je vous ai bien monté votre diamant.

—Au fait, dit le parfumeur, où en sommes-nous? Y a-t-il des bénéfices?

—Au bout de vingt jours, s’écria Popinot, y pensez-vous? L’ami Gaudissart n’est en route que de treize jours, et a pris une chaise de poste sans me le dire. Oh! il est bien dévoué, nous devons beaucoup à mon oncle! Les journaux, dit-il à l’oreille de Birotteau, nous coûteront douze mille francs.

—Les journaux, s’écria l’adjoint.

—Vous ne les avez donc pas lus?

—Non.