—Volontiers, dit Birotteau. Tant pis pour le convive, pensa le parfumeur en méditant de griser Claparon afin d’apprendre quels étaient ses vrais associés dans une affaire qui commençait à lui paraître ténébreuse.

—Bon! Victoire! cria le banquier.

A ce cri parut une vraie Léonarde attifée comme une marchande de poisson.

—Dites à mes commis que je n’y suis pour personne, pas même pour Nucingen, les Keller, Gigonnet et autres!

—Il n’y a que monsieur Lempereur de venu.

—Il recevra le beau monde, dit Claparon. Le fretin ne passera pas la première pièce. On dira que je médite un coup... de vin de Champagne.

Griser un ancien commis-voyageur est la chose impossible. César avait pris la verve du mauvais ton pour les symptômes de l’ivresse, quand il essaya de confesser son associé.

—Cet infâme Roguin est toujours avec vous, dit Birotteau, ne devriez-vous pas lui écrire d’aider un ami qu’il a compromis, un homme avec lequel il dînait tous les dimanches et qu’il connaît depuis vingt ans?

—Roguin?... un sot! sa part est à nous. Ne soyez pas triste, mon brave, tout ira bien. Payez le quinze, et la première fois nous verrons! Quand je dis nous verrons... (un verre de vin!) les fonds ne me concernent en aucune manière. Ah! vous ne paieriez pas, je ne vous ferais point la mine, je ne suis dans l’affaire que pour une commission sur les achats et pour un droit sur les réalisations, moyennant quoi je manœuvre les propriétaires... Comprenez-vous? vous avez des associés solides, aussi n’ai-je pas peur, mon cher monsieur. Aujourd’hui les affaires se divisent! Une affaire exige le concours de tant de capacités! Mettez-vous avec nous dans les affaires! Ne carottez pas avec des pots de pommade et des peignes: mauvais! mauvais! Tondez le public, entrez dans la Spéculation.

—La spéculation? dit le parfumeur, quel est ce commerce?