Pillerault, Ragon et Birotteau se retirèrent.
—Eh! bien, ce n’était pas la mer à boire, lui dit Pillerault sur la porte du tribunal.
—Je reconnais vos œuvres, mon oncle, dit le pauvre homme attendri.
—Vous voilà rétabli, nous sommes à deux pas de la rue des Cinq-Diamants, venez voir mon neveu, lui dit Ragon.
Ce fut une cruelle sensation par laquelle Birotteau devait passer que de voir Constance assise dans un petit bureau à l’entresol bas et sombre situé au-dessus de la boutique, où dominait un tableau montant au tiers de sa fenêtre, interceptant le jour et sur lequel était écrit: A. POPINOT.
—Voilà l’un des lieutenants d’Alexandre, dit avec la gaieté du malheur Birotteau en montrant le tableau.
Cette gaieté forcée, où se retrouvait naïvement l’inextinguible sentiment de la supériorité que s’était crue Birotteau, causa comme un frisson à Ragon, malgré ses soixante-dix ans. César vit sa femme descendant à Popinot des lettres à signer; il ne put ni retenir ses larmes, ni empêcher son visage de pâlir.
—Bonjour, mon ami, lui dit-elle d’un air riant.
—Je ne te demanderai pas si tu es bien ici, dit César en regardant Popinot.
—Comme chez mon fils, répondit-elle avec un air attendri qui frappa l’ex-négociant.