—Eh! bien, César, dit Pillerault, sais-tu d’où cela te vient? De l’impatience qu’a Popinot d’épouser Césarine. Il n’y tient plus, et ne doit pas, pour tes exagérations de probité, laisser passer sa jeunesse à manger du pain sec à la fumée d’un bon dîner. Popinot veut te donner les fonds nécessaires au paiement intégral de tes créanciers.

—Il achète sa femme, dit Birotteau.

—N’est-ce pas honorable de faire réhabiliter son beau-père?

—Mais il y aurait lieu à contestation. D’ailleurs....

—D’ailleurs, dit l’oncle en jouant la colère, tu peux avoir le droit de t’immoler, mais tu ne saurais immoler ta fille.

Il s’engagea la plus vive discussion, que Pillerault échauffait à dessein.

—Eh! si Popinot ne te prêtait rien, s’écria Pillerault, s’il t’avait considéré comme son associé, s’il avait regardé le prix donné à tes créanciers pour ta part dans l’Huile comme une avance de bénéfices, afin de ne pas te dépouiller....

—J’aurais l’air d’avoir, de concert avec lui, trompé mes créanciers.

Pillerault feignit de se laisser battre par cette raison. Il connaissait assez le cœur humain pour savoir que durant la nuit le digne homme se querellerait avec lui-même sur ce point; et cette discussion intérieure l’accoutumait à l’idée de sa réhabilitation.

—Mais pourquoi, dit-il en dînant, ma femme et ma fille étaient-elles dans mon ancien appartement?