Cependant il est payé par l’État pour monter la garde et passer des revues. Vous me direz qu’il souhaite trop quitter sa place, qu’il est trop peu en place, qu’il travaille trop et touche généralement trop peu de métal, excepté toutefois celui de son fusil.
POIRET (ouvre de grands yeux).
Eh! bien, monsieur, un employé serait plus logiquement un homme qui pour vivre a besoin de son traitement et qui n’est pas libre de quitter sa place, ne sachant faire autre chose qu’expédier.
BIXIOU.
Ah! nous arrivons à une solution... Ainsi le Bureau est la coque de l’employé. Pas d’employé sans bureau, pas de bureau sans employé. Que faisons-nous alors du douanier. (Poiret essaye de piétiner, il échappe à Bixiou qui lui a coupé un bouton et qui le reprend par un autre.) Bah! ce serait dans la matière bureaucratique un être neutre. Le gabelou est à moitié employé, il est sur les confins des bureaux et des armes, comme sur les frontières: ni tout à fait soldat, ni tout à fait employé. Mais, papa, où allons-nous? (Il tortille le bouton.) Où cesse l’employé? Question grave! Un préfet est-il un employé?
POIRET (timidement).
C’est un fonctionnaire.
BIXIOU.
Ah! vous arrivez à ce contre-sens qu’un fonctionnaire ne serait pas un employé!...
POIRET (fatigué regarde tous les employés).