—S’il y a des difficultés, il est bien joli garçon, dit Bianchon en se levant pour saluer Lucien.
—Bonjour, cher ami, dit Rastignac en échangeant une chaleureuse poignée de main avec Lucien.
De Marsay salua froidement après avoir été salué le premier par Lucien.
Avant le dîner, Desplein et Bianchon, qui, tout en plaisantant le baron de Nucingen, l’examinaient, reconnurent que sa maladie était entièrement morale; mais personne n’en put deviner la cause, tant il paraissait impossible que ce profond politique de la Bourse pût être amoureux. Quand Bianchon, en ne voyant plus que l’amour pour expliquer l’état pathologique du banquier, en dit deux mots à Delphine de Nucingen, elle sourit en femme qui depuis long-temps sait à quoi s’en tenir sur son mari. Après dîner cependant, quand on descendit au jardin, les intimes de la maison cernèrent le banquier et voulurent éclaircir ce cas extraordinaire en entendant Bianchon affirmer que Nucingen devait être amoureux.
—Savez-vous, baron, lui dit de Marsay, que vous avez maigri considérablement? et l’on vous soupçonne de violer les lois de la nature financière.
—Chamais! dit le baron.
—Mais si, répliqua de Marsay. On ose prétendre que vous êtes amoureux.
—C’esde frai, répondit piteusement Nucingen. Chai zoubire abbrest kèque chausse t’ingonni.
—Vous êtes amoureux, vous?... Vous êtes un fat! dit le chevalier d’Espard.
—Hêdre hâmûreusse à mon hâche, cheu zai piène que rienne n’ai blis ritiquille; mai ké foullez-vûs? za y êde!