—Écoutez, monsieur le baron, dit Louchard, voulez-vous me donner mille écus, je vais vous donner... vous vendre un conseil.
—Faud-il mile égus le gonzeil? demanda Nucingen.
—Je ne me laisse pas attraper, monsieur le baron, répondit Louchard. Vous êtes amoureux, vous voulez découvrir l’objet de votre passion, vous en séchez comme une laitue sans eau. Il est venu chez vous hier, m’a dit votre valet de chambre, deux médecins qui vous trouvent en danger; moi seul puis vous mettre entre les mains d’un homme habile... Eh! que diable! si votre vie ne valait pas mille écus...
—Tiddes-moi le nom de cedde ôme hapile, et gondez sir ma chénérosité!
Louchard prit son chapeau, salua, s’en alla.
—Tiaple t’homme! s’écria Nucingen, fennez?... dennez...
—Prenez garde, dit Louchard avant de prendre l’argent, que je vous vends purement et simplement un renseignement. Je vous donnerai le nom, l’adresse du seul homme capable de vous servir, mais c’est un maître...
—Fa de vaire viche! s’écria Nucingen, il n’y a que le nom te Rothschild qui faille mile égus, ed encore quant ille ette zigné au pas t’ein pilet...—Ch’ovre mile vrancs?
Louchard, petit finaud qui n’avait pu traiter d’aucune charge d’avoué, de notaire, d’huissier, ni d’agréé, guigna le baron d’une manière significative.
—Pour vous, c’est mille écus ou rien, vous les reprendrez en quelques secondes à la Bourse, lui dit-il.