—Oh! rassurez-vous, madame, dit Corentin en voyant la surprise qui parut sur la belle figure de madame Séchard, il ne s’agit que d’un enfant naturel. Les droits d’un enfant naturel ne sont pas ceux d’un enfant légitime. Cet enfant est dans la plus profonde misère, il a droit à une somme basée sur l’importance de la succession... Les millions laissés par monsieur votre père...

A ce mot, millions, il y eut un cri de l’unanimité la plus complète dans le salon. En ce moment, Derville n’examinait plus les gravures.

—Le père Séchard, des millions?... dit le gros Courtois. Qui vous a dit cela? quelque paysan.

—Monsieur, dit Cachan, vous n’appartenez pas au Fisc, ainsi l’on peut vous dire ce qui en est...

—Soyez tranquille, dit Corentin, je vous donne ma parole d’honneur de ne pas être un employé des Domaines.

Cachan, qui venait de faire signe à tout le monde de se taire, laissa échapper un mouvement de satisfaction.

—Monsieur, reprit Corentin, n’y eût-il qu’un million, la part de l’enfant naturel serait encore assez belle. Nous ne venons pas faire un procès, nous venons au contraire vous proposer de nous donner cent mille francs, et nous nous en retournons...

—Cent mille francs!... s’écria Cachan en interrompant Corentin. Mais, monsieur, le père Séchard a laissé vingt arpents de vignes, cinq petites métairies, dix arpents de prés à Marsac et pas un liard avec...

—Pour rien au monde, s’écria David Séchard en intervenant, je ne voudrais faire un mensonge, monsieur Cachan: et moins encore en matière d’intérêt qu’en toute autre... Monsieur, dit-il à Corentin et à Derville, mon père nous a laissé outre ces biens... Courtois et Cachan eurent beau faire des signes à Séchard, il ajouta: Trois cent mille francs, ce qui porte l’importance de sa succession à cinq cent mille francs environ.

—Monsieur Cachan, dit Ève Séchard, quelle est la part que la loi donne à l’enfant naturel?...