Le commissaire de police arriva, Corentin lui fit part de ses soupçons, le pria de rédiger un rapport en lui disant dans quelle maison et avec quels gens Peyrade avait soupé; puis il l’instruisit du complot formé contre les jours de Peyrade et des causes de l’état où se trouvait Lydie. Après, Corentin passa dans l’appartement de la pauvre fille, où Desplein et Bianchon examinaient la malade; mais il les rencontra sur le pas de la porte.
—Eh! bien, messieurs! demanda Corentin.
—Placez cette fille-là dans une maison de santé, si elle ne recouvre pas la raison en accouchant, si toutefois elle devient grosse, elle finira ses jours folle-mélancolique. Il n’y a pas, pour la guérison, d’autre ressource que dans le sentiment maternel, s’il se réveille...
Corentin donna quarante francs en or à chaque docteur, et se tourna vers le commissaire de police, qui le tirait par la manche.
—Le médecin prétend que la mort est naturelle, dit le fonctionnaire, et je puis d’autant moins faire un rapport qu’il s’agit du père Canquoëlle, il se mêlait de bien des affaires, et nous ne saurions pas trop à qui nous nous attaquerions... Ces gens-là meurent souvent par ordre...
—Je me nomme Corentin, dit Corentin à l’oreille du commissaire de police.
Le commissaire laissa échapper un mouvement de surprise.
—Donc, faites une note, reprit Corentin, elle sera très-utile plus tard, et ne l’envoyez qu’à titre de renseignements confidentiels. Le crime est improuvable, et je sais que l’instruction serait arrêtée au premier pas... Mais je livrerai quelque jour les coupables, je vais les surveiller et les prendre en flagrant délit.
Le commissaire de police salua Corentin et partit.
—Monsieur, dit Katt, mademoiselle ne fait que chanter et danser, que faire?...