COLLEVILLE.
Bêtises! bêtises! je voudrais bien que vous vous donnassiez la peine d’étudier le fatalisme, religion de l’empereur Napoléon.
GODARD (piqué du ton de Colleville).
Monsieur Colleville, Bonaparte peut être dit empereur par les historiens, mais on ne doit pas le reconnaître en cette qualité dans les Bureaux.
BIXIOU (souriant).
Cherchez cet anagramme-là, mon cher ami! Tenez, en fait d’anagrammes, j’aime mieux votre femme, c’est plus facile à retourner. (A voix basse.) Flavie devrait bien vous faire faire, à ses moments perdus, Chef de Bureau, ne fût-ce que pour vous soustraire aux sottises d’un Godard!...
DUTOCQ (appuyant Godard).
Si ce n’était pas des bêtises, vous perdriez votre place, car vous prophétisez des événements peu agréables au roi; tout bon royaliste doit présumer qu’il a eu assez de séjour à l’étranger.
COLLEVILLE.
Si l’on m’ôtait ma place, François Keller secouerait drôlement votre ministre. (Silence profond.) Sachez, maître Dutocq, que tous les anagrammes connus ont été accomplis. Tenez, vous!... Eh! bien, ne vous mariez pas: on trouve coqu dans votre nom!