—Ah! çà, tu te moques de nous, dit Finot.

—Pas le moins du monde. Il s’agit de Rastignac, dont la douleur serait selon vous une preuve de sa corruption, car alors il aimait beaucoup moins Delphine! Mais que voulez vous? le pauvre garçon avait cette épine au cœur. C’est un gentilhomme profondément dépravé, voyez-vous, et nous sommes de vertueux artistes. Donc, Rastignac voulait enrichir Delphine, lui pauvre, elle riche! Le croirez-vous?... il y est parvenu. Rastignac, qui se serait battu comme Jarnac, passa dès lors à l’opinion de Henri II, en vertu de son grand mot: Il n’y a pas de vertu absolue, mais des circonstances. Ceci tient à l’histoire de sa fortune.

—Tu devrais bien nous entamer ton conte au lieu de nous induire à nous calomnier nous-mêmes, dit Blondet avec une gracieuse bonhomie.

—Ha! ha! mon petit, lui dit Bixiou en lui donnant le baptême d’une petite tape sur l’occiput, tu te rattrapes au vin de Champagne.

—Hé, par le saint nom de l’Actionnaire, dit Couture, raconte-nous ton histoire?

—J’y étais d’un cran, repartit Bixiou; mais avec ton juron, tu me mets au dénoûment.

—Il y a donc des actionnaires dans l’histoire, demanda Finot.

—Richissimes comme les tiens, répondit Bixiou.

—Il me semble, dit Finot d’un ton gourmé, que tu dois des égards à un bon enfant chez qui tu trouves dans l’occasion un billet de cinq cents...

—Garçon! cria Bixiou.