—Quand tout le monde aura de la gloire, comment pourra-t-on se distinguer? demanda Gazonal.

—La gloire?... ce sera d’être un sot, lui répondit Bixiou. Votre cousin est décoré, je suis bien vêtu, c’est moi qu’on regarde...

Sur cette observation, qui peut expliquer pourquoi les orateurs et autres grands hommes politiques ne mettent plus rien à la boutonnière de leur habit à Paris, Léon fit lire à Gazonal, en lettres d’or, le nom illustre de Vital, successeur de Finot, fabricant de chapeaux (et non pas chapelier, comme autrefois), dont les réclames rapportent aux journaux autant d’argent que celles de trois vendeurs de pilules ou de pralines, et de plus auteur d’un petit écrit sur le chapeau.

—Mon cher, dit à Gazonal Bixiou qui lui montrait les splendeurs de la devanture, Vital a quarante mille francs de rentes.

—Et il reste chapelier! s’écria le Méridional en cassant le bras à Bixiou par un soubresaut violent.

—Tu vas voir l’homme, répondit Léon. Tu as besoin d’un chapeau, tu vas en avoir un gratis.

—Monsieur Vital n’y est pas? demanda Bixiou qui n’aperçut personne au comptoir.

—Monsieur corrige ses épreuves dans son cabinet, répondit un premier commis.

—Hein? quel style! dit Léon à son cousin. Puis s’adressant au premier commis:—Pouvons-nous lui parler sans nuire à ses inspirations?

—Laissez entrer ces messieurs, dit une voix.