Marius, petit homme grêlé, les cheveux frisés comme ceux de Rubini, d’un noir de jais, et mis tout en noir, en manchettes, le jabot de sa chemise orné d’un diamant, reconnut alors Bixiou, qu’il salua comme une puissance égale à la sienne.

—C’est une tête ordinaire, dit-il à Léon en désignant le monsieur qu’il était en train de coiffer, un épicier, que voulez-vous!... Si l’on ne faisait que de l’art, on mourrait à Bicêtre, fou!... Et il retourna par un geste inimitable à son client, après avoir dit à Régulus:—Soigne monsieur, c’est évidemment un artiste.

—Un journaliste, dit Bixiou.

Sur ce mot, Marius donna deux ou trois coups de peigne à la tête ordinaire, et se jeta sur Gazonal en prenant Régulus par le bras au moment où il allait faire jouer ses petits ciseaux.

—Je me charge de monsieur.—Voyez, monsieur, dit-il à l’épicier, reflétez-vous dans la grande glace...—Ossian?

Le laquais entra et s’empara du client pour le vêtir.

—Vous payerez à la caisse, monsieur, dit Marius à la pratique stupéfait qui déjà tirait sa bourse.

—Est-ce bien utile, mon cher, de procéder à cette opération des petits ciseaux? dit Bixiou.

—Aucune tête ne m’arrive que nettoyée, répondit l’illustre coiffeur; mais pour vous, je ferai celle de monsieur tout entière. Mes élèves ébauchent, car je n’y tiendrais pas. Le mot de tout le monde est le vôtre: «Être coiffé par Marius?» Je ne puis donner que le fini... Dans quel journal travaille monsieur?

—A votre place, j’aurais trois ou quatre Marius, dit Gazonal.