—J’ai trouvé le brigadier, dit-il à Corentin, étendu dans le chemin qui mène du pavillon dit de Cinq-Cygne à la ferme de Bellache, sans aucune blessure autre qu’une horrible contusion à la tête, et vraisemblablement produite par sa chute. Il a été, dit-il, enlevé de dessus son cheval si rapidement, et jeté si violemment en arrière, qu’il ne peut expliquer de quelle manière cela s’est fait; ses pieds ont quitté les étriers, sans cela il était mort, son cheval effrayé l’aurait traîné à travers champs: nous l’avons confié à Michu et à Violette...

—Comment! Michu se trouve à son pavillon? dit Corentin, qui regarda Laurence.

La comtesse souriait d’un œil fin, en femme qui prenait sa revanche.

—Je viens de le voir en train d’achever avec Violette un marché qu’ils ont commencé hier au soir, reprit le lieutenant. Violette et Michu m’ont paru gris; mais il n’y a pas de quoi s’en étonner, ils ont bu pendant toute la nuit, et ne sont pas encore d’accord.

—Violette vous l’a dit? s’écria Corentin.

—Oui, dit le lieutenant.

—Ah! il faudrait tout faire soi-même, s’écria Peyrade en regardant Corentin, qui se défiait tout autant que Peyrade de l’intelligence du lieutenant.

Le jeune homme répondit au vieillard par un signe de tête.

—A quelle heure êtes-vous arrivé au pavillon de Michu? dit Corentin en remarquant que mademoiselle de Cinq-Cygne avait regardé l’horloge sur la cheminée.

—A deux heures environ, dit le lieutenant.