—Tenez, c’est là que notre brigadier a été jeté par terre, dit le gendarme en montrant l’endroit où le chemin débouchait au rond-point.
—Tu diras au capitaine de venir me prendre à ce pavillon, nous nous en irons ensemble à Troyes.
Corentin mit pied à terre et resta pendant quelques instants à observer le terrain. Il examina les deux ormes qui se trouvaient en face, l’un adossé au mur du parc, l’autre sur le talus du rond-point que coupait le chemin vicinal; puis il vit, ce que personne n’avait su voir, un bouton d’uniforme dans la poussière du chemin, et il le ramassa. En entrant dans le pavillon, il aperçut Violette et Michu attablés dans la cuisine et disputant toujours. Violette se leva, salua Corentin, et lui offrit à boire.
—Merci, je voudrais voir le brigadier, dit le jeune homme, qui d’un regard devina que Violette était gris depuis plus de douze heures.
—Ma femme le garde en haut, dit Michu.
—Eh bien! brigadier, comment allez-vous? dit Corentin qui s’élança dans l’escalier et qui trouva le gendarme la tête enveloppée d’une compresse et couché sur le lit de madame Michu.
Le chapeau, le sabre et le fourniment étaient sur une chaise. Marthe, fidèle aux sentiments de la femme et ne sachant pas d’ailleurs la prouesse de son fils, gardait le brigadier en compagnie de sa mère.
—On attend monsieur Varlet, le médecin d’Arcis, dit madame Michu, Gaucher est allé le chercher.
—Laissez-nous pendant un moment, dit Corentin assez surpris de ce spectacle où éclatait l’innocence des deux femmes.—Comment avez-vous été atteint? demanda-t-il en regardant l’uniforme.
—A la poitrine, répondit le brigadier.