—Mais comment ce régisseur aurait-il su que la conspiration était découverte, au moment où l’empereur, son conseil et moi, nous étions les seuls qui eussent ce secret? demanda le Préfet de police.

Personne ne fit attention à la remarque de Dubois.

—S’ils sont cachés dans une forêt et que vous ne les ayez pas trouvés depuis sept mois, dit l’empereur à Fouché, ils ont bien expié leurs torts.

—Il suffit, dit Malin effrayé de la perspicacité du Préfet de police, que ce soient mes ennemis pour que j’imite la conduite de Votre Majesté; je demande donc leur radiation et me constitue leur avocat auprès d’elle.

—Ils seront moins dangereux pour vous, réintégrés qu’émigrés, car ils auront prêté serment aux constitutions de l’empire et aux lois, dit Fouché qui regarda fixement Malin.

—En quoi menacent-ils monsieur le sénateur? dit Napoléon.

Talleyrand s’entretint pendant quelque temps à voix basse avec l’empereur. La radiation et la réintégration de messieurs de Simeuse et d’Hauteserre parut alors accordée.

—Sire, dit Fouché, vous pourrez encore entendre parler de ces gens-là.

Talleyrand, sur les sollicitations du duc de Grandlieu, venait de donner, au nom de ces messieurs, leur foi de gentilhomme, mot qui exerçait des séductions sur Napoléon, qu’ils n’entreprendraient rien contre l’empereur, et faisaient leur soumission sans arrière-pensée.

—Messieurs d’Hauteserre et de Simeuse ne veulent plus porter les armes contre la France après les derniers événements. Ils ont peu de sympathie pour le gouvernement impérial, et sont de ces gens que Votre Majesté devra conquérir; mais ils se contenteront de vivre sur le sol français en obéissant aux lois, dit le ministre.