—Maintenant, j’en ai peur, répondit le magistrat.—Où as-tu porté le plâtre? dit-il à Gothard.
Gothard se mit à pleurer.
—La justice l’effraie, dit Michu dont les yeux lançaient des flammes comme ceux d’un lion pris dans un filet.
Tous les gens de la maison retenus chez le maire arrivèrent alors, ils encombrèrent l’antichambre où Catherine et les Durieu pleuraient, et leur apprirent l’importance des réponses qu’ils avaient faites. A toutes les questions du directeur et du juge de paix, Gothard répondit par des sanglots; en pleurant il finit par se donner une sorte d’attaque convulsive qui les effraya, et ils le laissèrent. Le petit drôle, ne se voyant plus surveillé, regarda Michu en souriant, et Michu l’approuva par un regard. Lechesneau quitta le juge de paix pour aller presser les experts.
—Monsieur, dit enfin madame d’Hauteserre en s’adressant à Pigoult, pouvez-vous nous expliquer la cause de ces arrestations?
—Ces messieurs sont accusés d’avoir enlevé le sénateur à main armée, et de l’avoir séquestré, car nous ne supposons pas qu’ils l’aient tué, malgré les apparences.
—Et quelles peines encourraient les auteurs de ce crime? demanda le bonhomme.
—Mais comme les lois auxquelles il n’est pas dérogé par le Code actuel resteront en vigueur, il y a peine de mort, reprit le juge de paix.
—Peine de mort! s’écria madame d’Hauteserre qui s’évanouit.
Le curé se présenta dans ce moment avec sa sœur, qui appela Catherine et la Durieu.