Le lendemain, quand le ministre apprit par un signal convenu que Laurence était à son poste, il sonna, son huissier vint et reçut l’ordre de laisser entrer monsieur Corentin.

—Mon cher, vous êtes un habile homme, lui dit Talleyrand, et je veux vous employer.

—Monseigneur...

—Écoutez. En servant Fouché, vous aurez de l’argent et jamais d’honneur ni de position avouable; mais en me servant toujours comme vous venez de le faire à Berlin, vous aurez de la considération.

—Monseigneur est bien bon...

—Vous avez déployé du génie dans votre dernière affaire à Gondreville...

—De quoi monseigneur parle-t-il? dit Corentin en prenant un air ni trop froid, ni trop surpris.

—Monsieur, répondit sèchement le ministre, vous n’arriverez à rien, vous craignez...

—Quoi, monseigneur?

—La mort! dit le ministre de sa belle voix profonde et creuse. Adieu, mon cher.