—Ne comprenez-vous donc pas? je suis la comtesse de Cinq-Cygne, et je vous demande grâce, dit-elle en tombant à genoux et lui tendant le placet rédigé par Talleyrand, apostillé par l’Impératrice, par Cambacérès et par Malin.
L’Empereur releva gracieusement la suppliante en lui jetant un regard fin et lui dit:—Serez-vous sage enfin? Comprenez-vous ce que doit être l’Empire français?...
—Ah! je ne comprends en ce moment que l’Empereur, dit-elle vaincue par la bonhomie avec laquelle l’homme du destin avait dit ces paroles qui faisaient pressentir la grâce.
—Sont-ils innocents? demanda l’Empereur.
—Tous, dit-elle avec enthousiasme.
—Tous? Non, le garde-chasse est un homme dangereux qui tuerait mon sénateur sans prendre votre avis...
—Oh! Sire, dit-elle, si vous aviez un ami qui se fût dévoué pour vous, l’abandonneriez-vous? ne vous...
—Vous êtes une femme, dit-il avec une teinte de raillerie.
—Et vous un homme de fer! lui dit-elle avec une dureté qui lui plut.
—Cet homme a été condamné par la justice du pays, reprit-il.